Entrevue

Un nouveau site de rencontre montréalais; Bonr.me

E.G. - Premièrement pourquoi créer un nouveau site de rencontres?

P.C. - J’avais le projet de créer un nouveau site de rencontres un peu différent et un peu plus «design» de ce qu’il y a en ce moment sur le marché, et ce depuis très longtemps.

Avec Bonr.me je voulais créer un site où les gens se sentiraient les bienvenus, sans discrimination, et ouverts d’esprit.

Vous verrez sur Bonr.me que le support est omniprésent. Nous aidons nos membres à comprendre le fonctionnement du site et répondons à leurs interrogations.

E.G. - Votre site s’intitule BONR.me, que signifie cette appellation?

Bonr.me est un dérivé du mot « slang » BONER, qui signifie en anglais, avoir une érection.

Ce qui est très approprié pour un site de rencontre gay n’est-ce pas?

E.G. – Vous nous le présentez comme un site de rencontres « nouvelle génération ». Comment se distingue-t-il des autres sites de rencontres ?

Pour le moment bonr.me est très « de base ». Il y a les fonctionnalités les plus communes aux sites de rencontres. Mais petit à petit nous allons le transformer en quelque chose qui se rapproche plus d’un réseau social qu’un « dating site ». Beaucoup de choses restent à faire mais nous devions commencer quelque part !

E.G. – Est-ce un site payant ?

Comme tout le monde nous ne vivons pas d’amour et d’eau fraîche.

Par contre nous offrons un abonnement gratuit qui donne accès à toutes les fonctionnalités avec quelques limitations.

E.G. Pour joindre le BONR.ME rendez-vous au http://bonr.me/

E.G. – Quel est votre rêve le plus fou pour Bonr.me ?

Hummmm… Bonne question ! Comme tout bon papa, on souhaite que son enfant grandisse bien et en santé. Alors longue vie à BONR.me !!!

Merci,

Pat Cantin pour cette entrevue, qu’elle soit le début d’une belle amitié avec Espace Gregg. Bonne aventure avec Bonr.me - Gregg

Patrick Lunant en entrevue...
Qui êtes-vous ?

Pour paraphraser la phrase de Socrate formulée par Platon :

« Comme je suis un, il vaut mieux pour moi être d’accord avec le monde entier qu’être en désaccord avec moi-même »

Je dirais que je suis un passeur d’histoires et qu’à ce titre, j’aspire à la plus grande résonance.

La question de savoir qui je suis, n’a en fait que peu d’importance. Seuls les œuvres au sens littéral du terme survivent à leurs auteurs. Qui sait -et s’en soucie- le premier orgasme de Marc Lévy, la première ivresse de Guillaume Musso, si Honoré de Balzac se rasait avec un « cinq lames lubrifiées » ou un coupe-choux passé au fil d’une grosse lanière de cuir. Seule demeure la pérennité du « Père Goriot » -la production des deux premiers m’échappe, ne me viennent à la mémoire que les millions d’exemplaires qu’ils ont écoulés.

Quel est le thème central du livre ?

Le désir d’enfant est-il capable de faire voler en éclats un couple quand celui-ci puise ses racines dans « l’anthropologiquement » aberrant ?… Qu’en est-il du désir de paternité quand les représentations paternelles et maternelles ont fait si cruellement défaut ?… Comment une femme accepte-t-elle de se lancer dans une telle aventure en proposant de prêter son ventre ?… Comment et pourquoi l’harmonie de Franck et Julien chancelle-t-elle alors qu’ils semblaient bétonnés dans l’amour le plus simple ?… Leur faut-il solder le ‘passé’ dans le paroxysme de la douleur pour qu’ils s’autorisent à aller jusqu’au bout de leurs désirs profonds de réparation ?

Et si tout, finalement, ne reposait que sur une définition universelle, encore à déterminer, de l’amour entre les humains ?… Un besoin irrépressible de laisser parler l’ironie et l’extravagance de la liberté quand tant de bonnes consciences moyenâgeuses et nécessairement déconnectées se croient obligées de nous dire l’anthropologiquement raisonnable !

Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

« Que dix mille personnes nous apprécient et ça n’est pas un problème, qu’une seule vienne à nous avoir dans le nez et c’est tout qui s’écroule, comme si seul le regard bienveillant de l’autre nous permettait de tenir debout ! »

Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

L’Oiseau de feu de Stravinsky sous la direction de Pierre Boulez.

Quels sont vos centres d’intérêt ?

L’humanité ! L’humanité et ses contradictions fondamentales !

Mais aussi, lire un bon livre, m’asseoir à l’ombre d’un temple d’Hampi en Inde, marcher dans un parc national du Costa Rica, boire un verre de rosé du Lubéron.

Quelles sont vos œuvres et auteur de référence ?

Dalva de Jim Harrisson – L’agneau carnivore d’Agustin Gomez Arcos – 100 ans de solitude de Garcia Marquez – L’Abyssin de Ruffin – Le Démon de Selby Jr – Eichmann à Jérusalem de Hannah Arendt – La vie en Rosalie de Burigat Marie – Crime et chatiment de Dostoïevski – L’œuvre de dieu et la part du diable de John Irving – Le prince des marées de Pat Conroy.

Qu’aimeriez-vous partager avec les lecteurs en priorité ?

Non pas un sens de la formule, mais une exigence d’écriture ! Une exaltation… Un sourire !

Quelle question aimeriez-vous que l’on vous pose maintenant ?

Pourquoi écrivez-vous ?

Et quelle serait votre réponse ?

Peut-être pour faire mentir une déclaration qui m’a été faire sur un bulletin scolaire en classe de troisième :

« Monsieur Lunant, vous n’arriverez jamais à rien, abrité derrière votre lyrisme débridé ! »

Ici, Présentation du Roman

Ici, Extrait de du Roman

Entrevue avec
Kevin Lazzaro alias Carlen Intense,

jeune créateur de mode
«Je prépare mon prochain défilé de mode Carlen Intense avec Pia. J’ai bien lancé un casting où ce dernier est ouvert à tous! »
Le 15 juin 2013

E.GREGG – Premièrement, pouvez-nous nous faire une courte biographie?

Kevin- Je suis Kevin Lazzaro, suite à un événement lourd dans ma vie à l’âge de 7ans je me suis retrouvé seul. Renfermé sur moi-même. Dans mon grenier, il y avait une machine à coudre remplie de poussière, j’ai commencé à jouer avec en prenant les feuilles de cet arbre qui tombaient peu importe les saisons.

J’ai commencé à coudre ces feuilles-là, Je me suis perfectionné au fil du temps.

À l’âge de 9 ans j’ai fait un rêve qui pour moi est le signe d’une réussite. Mon rêve est le suivant : j’étais dans une pièce prestigieuse avec des anges en pierre partout autour de moi, et là mon père qui ne fait plus partie de ce monde m’a appelé CARLEN , je l’ai vu pour la première fois et je me suis approché de lui. Cet homme très grand avec une cicatrice apparente au niveau du cou, qui m’attendait au fond de cet endroit la main tendue vers moi, je me suis mis à courir vers lui de plus en plus vite et là je suis tombé par terre, j’ai commencé à réaliser que tout changeait autour de moi j’ai vu mon père s’éloigner de moi…

Je me suis réveillé en me souvenant de ce rêve troublant que je n’ai raconté à personne.
Ma vie a continuée comme tous les autres enfants de cet âge…

A 10 ans j’ai regardé Pia la personne qui s’occupait de moi en lui disant que mon envie était de créer un concept contre l’indifférence. Habiller toutes les tailles, rendre les vraies femmes encore plus belles. Pia m’a demandé pourquoi je voulais faire ça, je lui ai répondu que je vivais avec une personne (Pia) qui pour moi était un élément représentatif de toutes les femmes. Car pour moi les personnes que l’on dit différentes ne le sont pas. Je suis pour le respect de chacun/chacune , je crée tout genre de vêtements, je fais vivre le tissu, la matière, suivant l’apparence que nous avons… Je mets en valeur ce que l’on appelle rondeur(s) …

Je lui ai dit qu’elle était ma plus grande fierté en tant que belle femme aux longs cheveux noirs, ayant des origines brésiliennes, d’avoir une belle couleur de peau.

Pia m’a regardé d’un air INTENSE et là j’ai compris que mon concept dans la mode contre l’indifférence aura comme nom Carlen Intense.

Ma vie a changée dès que j’ai eu ce nom de marque qui pour moi m’a été envoyé.

Aujourd’hui je suis créateur de mode For true Woman et organisateur de défilés de mode. Je suis aussi formateur concernant l’apprentissage du Mannequina (j’apprends à défiler sur un podium, et d’avoir la confiance en soi, apprendre à s’exprimer devant un public et autre…)

E.GREGG – Un autre personnage : Carlen Intense ?

Un personnage qui a été créé par Kevin Lazzaro.

Kevin- Carlen Intense alias Kevin Lazzaro est un personnage qui réagit dans le domaine de la mode, un personnage qui a pour but d’attirer l’attention sur son concept : il tourne des clips, fait des shootings photos. Un élément récurrent dans l’histoire Carlen Intense. Il se montre dans tout genre de situations. Une personne hors du commun mesurant 208cm, mince aux yeux verts et cheveux mi-long blond. Un personnage d’illusion qui plaît a beaucoup de personnes.

Devenant un personnage public en Belgique.

E.GREGG – Kevin vous êtes avant tout un créateur de mode, est-ce bien ça?

Kevin- Je suis bien créateur de mode toutes tailles, je réalise tout genre de créations du plus classique au plus « fun ».

E.GREGG – Vous avez développé un concept de défilé pour présenter vos créations, parlez-nous de votre concept?

Kevin- Oui, j’ai relancé un défilé où je ferais défiler du toutes tailles pour bien faire comprendre que Mr et Mme tout le monde ont leur place dans le milieu de la mode et qu’ils sont capables de défiler tout comme des professionnelles! Peu importe la taille ! Nous avons toutes et tous nos charmes ! À moi de mettre le charme des candidats qui défilerons pour moi à l’avant !

E.GREGG – Vous préparez un défilé de mode et vous avez lancé des auditions. Quel genre de participant recherchez-vous?

Kevin- Je prépare mon prochain défilé de mode Carlen Intense avec Pia. J’ai bien lancé un casting où ce dernier est ouvert à tous ! Je recherche tout genre de styles car il faut un peu de tout pour faire un monde…

E.GREGG – Pour ceux qui veulent y participer, on vous rejoint de quelle façon?
Questions en rafale…

E.GREGG – Qui est Pia ?

Kevin- Pia est la personne qui m’a élevé et qui m’a appris les valeurs de la vie et qui a fait en sorte que je me forme seul ! Pia est aussi un élément récurrent dans mon projet Carlen Intense. Pia est mon modèle représentatif qui porte toutes mes créations.

E.GREGG – Que signifie pour vous le mot « revanche » ?

Kevin- Quand j’étais très jeune beaucoup de personnes m’ont fait du mal, je n’étais pas bienvenu lors des anniversaires ou dans des soirées entre amis car j’étais le garçon que l’on appelait différent à cause de ma taille (trop grand pour mon âge). J’ai eu mon style à moi très jeune et mon homosexualité est apparue très vite... et là j’ai été victime d’attaques, de remarques. Je rassure toutes ces personnes qui m’ont fait souffrir pendant des années qu’aujourd’hui je m’assume entièrement et que je ne laisserai personne m’arrêter dans toutes mes activités. Je tiens à me faire connaître. Et j’y arriverai…

Ma revanche aujourd’hui je ne l’ai pas encore, mais j’emploie ce mot car un jour se sera vrai. J’aurai ma revanche et celle des personnes qui ne sont pas acceptées pour diverses raisons …

Le mot « Liberté » ?

Kevin- La liberté de soi-même. Car on peut réussir dans tout genre de domaines que l’on soit coiffeur, boulanger, ramasseur de poubelles. Le travail est fait correctement et nous apprenons tous les jours et à tout âge. En sachant qu’un jour notre vie changera comme on le veut.

Le mot « Différence » ?

Kevin- Nous sommes tous victimes de différences, de choses injustes … L’indifférence fait partie de mon concept.

E.GREGG – Quelques mots à ceux qui sont différents et qui n’osent pas s’affirmer?

Kevin- Sentez-vous bien avec vous-même ! Sachez que nous avons tous un charme qui est parfois caché au fond de nous-même… Faites ce qui vous semble bien afin de vous rendre heureux dans une vie... Allez jusqu’au bout du rêve car quand on veut on peut ! Tout est possible!

Carlen Intense alias Kevin Lazzaro
Entrevue avec Jonathan Boivin
Président et fondateur de l'association;

Les Griffés de Québec

Jonathan rêve de faire revivre le monde cuir à Québec. Il nous confie d'où vient son attirance pour ce milieu et son rêve de voir renaître ce mouvement à Québec...

Qui est Jonathan Boivin avant tout ?

Avant de commencer vos questions, Boivin n’est pas mon vrai nom de famille. J’ai pris le nom Boivin en l’honneur de mon grand-père qui est mort à mes 27ans le jour de ma fête et j’ai choisi de prendre son nom de famille pour lui rendre un hommage comme c’était une personne très importante à mes yeux. Alors, ce nom est devenu mon nom d’artiste si on veut. Pour vrai je me nomme Jonathan Paquet et je suis né le 27 septembre 1984 à Vanier (Québec)... quand j’ai eu 18 ans j’avais hâte de sortir dans les bars... mais faut pas le dire que je le faisais déjà avant… j’ai connu le Drague à l’époque où ce bar était plus considéré comme une taverne (un bar pour hommes seulement et pour hommes matures) même si les jeunes y allaient pour voir les shows de drag-queens la semaine comme il y en a encore aujourd’hui. Moi j’étais le jeune qui voyait déjà des mecs virils costauds et en cuir à la mythique base 3 du Drague… où cette section était réservée au « bear » et au « mec cuir »… pour moi cette section était comme un endroit inaccessible vu l’âge que j’avais et le style que j’avais à l’époque. Disons un style plus gai, moins viril disons-le… alors, je ne cadrais pas dans cette section où je mourrai d’envie d’aller. À mes 19 ans, j’ai décidé d’aller vivre dans la grande ville comme on disait nous les jeunes à ce moment-là. Pour nous Montréal était la ville gaie rêvée. J’ai vécu à Montréal durant 6 ans où j’ai pu connaître mieux plusieurs modes de vie à l’intérieur de la communauté gaie… en fréquentant les bars comme le Stud, le Parking, l’Aigle noir et même le Normandie et le Back-track qui étaient 2 bars « cuir » assez spéciaux… j’aimais leur côté donjon (salle de jeu de torture). Déjà à l’époque je sentais une attirance vers ce genre de style d’hommes… et comme tout le monde j’ai expérimenté des choses et j’ai vu des vidéos dont les scénarios me faisaient fantasmer et c’est là que j’ai compris que c’était vraiment ma place le « monde cuir »…

Vous avez créé un nouveau groupe sur Facebook, Les Griffés de Québec : pourquoi?

En 2009 quand je suis revenu vivre à Québec, j’ai remarqué les changements que les propriétaires (le Drague) avaient fait à leur bar et ce qui était devenu dela mythique Base3... j’ai aussi vu que la clientèle n’était plus la même, mais était devenu plus jeune qu’à l’époque où j’y allais pour sortir. À ce moment-là je me suis dit que je n’étais sûrement pas le seul jeune fin vingtaine qui ne se voyait plus avec ce groupe d’âge et le style que les jeunes portent aujourd’hui. Là je me suis dis qu’il y a sûrement d’autres jeunes comme moi qui ne se sentent pas à leur place au Drague ou dans les autres endroits proposés ... Alors, je me suis dit après mûre réflexion qu’il y avait un nouveau potentiel pour faire renaître cette communauté à Québec à l’aide de Facebook et d’autres évènements et de projets…

Le nom : Les Griffés de Québec c’était pour dire que le cuir est une peau douce et dure à la fois, elle peut être chic et sensuelle… Le mot griffé est justement là pour dire griffé (animal doux, féroce, et par le fait même un vêtement à la mode) je trouve que le nom de l’Association décrit bien ce que le « monde cuir » pense de ce matériel animal ou artificiel…

Mais je comprends que vous souhaitez plus qu’un groupe sur les réseaux sociaux?

Comme je vous le mentionnais dans votre autre question, oui je souhaite faire changer les choses en rejoignant une nouvelle clientèle plus jeune avec les réseaux sociaux et même en organisant des soirées ou événements pour les jeunes « Bear », les jeunes « cuirs » et pour les jeunes qui aiment toute sorte de fétiches et qui ont envie de les partager avec d’autres comme eux. Plusieurs jeunes hommes disent ne pas cadrer avec ce qu’on leur propose, par exemple : ceux qui disent ne pas aimer les drag-queens. Je ne dis pas que moi j’aime pas ça, j’ai plusieurs amis qui sont ''Drags'', mais c’est vrai que ce n’est plus ma tasse de thé. Mais c’est pas tout le monde qui aime ça, ce n’est pas parce que tu es gai que tu dois aimer ça. C’est pas tous les jeunes qui aiment les jeunes mecs imberbes ou plus efféminés et qui sont intéressés aux jeunes mecs de 25 ans et moins et de la musique qu’on y joue. Alors, ils se disent que le Drague n’est pas pour eux... alors, ils se retrouvent dans d’autres lieux où ils ne se sentent pas non plus à leur place. C’est pourquoi j’ai eu le projet de faire un lieu pour eux et en même temps pour moi… Où ils seraient heureux de venir prendre un verre et jaser avec d’autres jeunes comme eux… et faire de nouvelles rencontres…

Quels sont vos objectifs avec ce groupe?

Pour le moment comme je vous le disais… j’essaie d’évaluer le terrain en essayant d’approcher une nouvelle clientèle en leur proposant un futur choix de lieux de rencontres… comme pour le moment avec le groupe sur Facebook où je leur propose de parler et de publier leurs fantasmes et leurs idées de lieux où ils aimeraient aller pour rencontrer du monde qui ont les mêmes passions qu’eux. Et éventuellement il y aura d’autres endroits pour eux… mais pour le moment vu que les réseaux sociaux sont un lieu plus facile pour rejoindre le monde, j’ai commencé par là… mais d’autres projets sont à venir.

Quels sont vos projets pour l’année qui vient?

Je vous dirais tout simplement que je souhaite que mes projets avancent et de faire avec les gens (nos partenaires) des événements pour promouvoir la culture « bear », «cuir » et « fetish » à Québec… J’essaie de m’entourer le plus possible de gens qui vont dans le même sens de pensée que moi et qui souhaitent la même chose que moi en m’aidant dans ce projet que je ne peux réaliser tout seul… plus il y a de gens qui croient en des projets de développement de la communauté gaie à Québec, plus elle sera là encore pour plusieurs années… mon idée est une graine alors ça prend plus que le soleil et de l’eau pour la faire grandir cette idée… il faut plusieurs personnes pour en prendre soin et la protéger pour qu’elle se développe.

Est-ce que le monde « bear », « cuir » et « fetish » est plus un mode de vie ou comme le gros préjugé plus un monde porté sur le sexe?

Je vous dirais que oui, c’est un mode de vie, une manière de penser et aussi comme vous l’avez mentionné une pratique sexuelle… Par exemple : les punks, les gothiques, les émos, les skinheads… ce sont tous des groupes qui vivent dans une société mais qui ont à travers leurs groupes respectifs créés un mode de vie, une ligne de pensée et aussi une façon de pratiquer le sexe à leur manière. C’est comme dans la communauté gaie, il y a aussi des groupes sociaux culturels qui peuplent le milieu gai comme les « bears » (hommes costauds et poilus), les « cuirs » (ceux qui portent le cuir) et les fétichistes (ceux qui pratiquent le sexe d’une façon plus diversifiée). Mais les fétichistes se retrouvent autant chez les « bears » que chez les « cuirs », il n’y a rien d’ancré dans le béton comme on dit… on peut être « bear » et pas aimer les « bears » mais les « cuirs » et vice versa… comme dans tous ces regroupements sociaux il y a aussi des pratiques sexuelles, alors non, le cuir ou autre regroupement ne sont pas plus portés sur le sexe qu'un autre groupe.

Ce mouvement a déjà existé à Québec mais est disparu avec le temps. Comment expliquerais-tu cela ?

Pour vous dire la vérité, ce milieu n’est pas disparu à Québec. Mais bien que les regroupements « cuirs » et « bears » à Québec sont rendus trop vieux et sont devenus par le fait même des milieux secrets et privés… C’est justement ça que je veux briser ce côté secret et privé, je souhaite mettre au grand jour ce regroupement de monde. À Montréal, ils ne se cachent pas pour montrer qu’ils sont « bears » « cuirs » ou même fétichistes… Je crois que la mentalité de Québec est un peu la cause de tout ça parce qu’à Québec nous avons peur de nous montrer et de dire nos opinions au grand jour par peur d’être jugés et pointés du doigt mais j’essaie petit pas par petit pas de changer les choses… mais ce n’est aucunement facile de changer la mentalité d’une société. On y arrivera un jour je l’espère bien.

Quel serait votre souhait le plus fou pour votre association?

Je vous dirais qu’elle soit encore présente à Québec durant plusieurs années et qu’elle puisse sortir de l’ombre les jeunes marginaux de la communauté gaie de Québec… et aussi qu’elle soit reconnue partout comme une association qui vient en aide aux jeunes qui ne se sentent pas à leur place dans une communauté qui est encore victime de préjugés internes (le milieu lui-même) et externe (la société en général) mais ça c’est un autre sujet à aborder dans une autre entrevue. Je souhaite tout simplement et humblement que mon association puisse aider quiconque a besoin d’un lieu pour jaser, pour se confier et se vider de ces idées noires qu’il peut ressentir. Comme ils se sentent marginaux dans une communauté qui est déjà dite hors norme : qu’elle puisse sauver des vies de jeunes gais en questionnement.

'' J’espère que j’ai pu vous exprimer et vous témoigner le mieux possible le pourquoi de cette association ''. - Jonathan Boivin, Président et Fondateur, Les Griffés de Québec